Foire aux questions

La perfection est impossible !

Le mot perfection est un peu trompeur, car il nous renvoit à quelque chose qui n'a pas de défaut ni de limites. Mais la perfection de Dieu est dans l'ordre de l'amour. Il s'agit d'une manière d'être qui se déploît dans la vérité et la bonté, selon ce qui dit Paul aux Galates : "Voici le fruit de l’Esprit : amour, joie, paix, patience, bonté, bienveillance, fidélité, douceur et maîtrise de soi". 

Il ne faut donc pas s'y méprendre : Dieu nous appelle à participer à sa propre sainteté, nous qui sommes créés à son image et à sa ressemblance ! (Gn 1,26)

"trouver ma vocation" ?

Dans l’Écriture, quelque soit le récit d’appel, nous trouvons une promesse. Dieu s’engage le premier avec nous ! La vocation n’est plus à comprendre comme un devoir, un tablier ou une charge à porter, mais comme un don à recevoir, une promesse de Dieu qui va se déployer en nous.

Nouvel Adam, le Christ, dans la révélation même du mystère du Père et de son amour, manifeste pleinement l’homme à lui-même et lui découvre la sublimité de sa vocation. (GS 22)

On pourrait dire « oui, mais à condition… » Non. Dieu ne met pas de condition, il invite sur un chemin ou pourront se déployer toutes ses promesses. Il est comme le concepteur qui connaît les conditions par lesquelles pourront se déployer les potentialités de son ouvrage. Alors répondre à notre vocation n’est plus comme prendre un train que je craindrais de rater, mais prendre la main de Dieu pour collaborer avec lui à une construction qui sera ce que nous en ferons tous les deux.

En ce sens, la vocation est comme une poupée russe, donc la plus petite serait effectivement le choix de l’état de vie. La plus petite, c’est-à-dire la dernière à apparaître, et parfois reste-t-elle tranquillement incluse dans la précédente, sans avoir besoin de devenir publique. Découvrir sa vocation, si tant est que cette expression soit juste, ne consiste pas en autre chose qu’en la découverte de ce que je suis : aimé(e) de Dieu, voulu(e) par lui, et réceptacle de ses propres dons pour le monde.

Ma vocation, un appel à donner la vie !

La première vocation des êtres humains est de participer à l’œuvre de Dieu, c’est-à-dire que nous sommes fait pour donner la vie. Hommes et femmes, célibataires et époux, nous avons tous cette vocation – cette promesse pour notre vie, celle de la fécondité.

Il disait : « Il en est du règne de Dieu comme d’un homme qui jette en terre la semence : nuit et jour, qu’il dorme ou qu’il se lève, la semence germe et grandit, il ne sait comment. D’elle-même, la terre produit d’abord l’herbe, puis l’épi, enfin du blé plein l’épi. Et dès que le blé est mûr, il y met la faucille, puisque le temps de la moisson est arrivé. » (Mc 4, 26-29)

Nous sommes habitués à entrer dans les paraboles en y regardant l’œuvre de Dieu. Cette parole est aussi pour notre propre existence, ne l’oublions pas. Il s’agit bien que notre vie devienne un petit royaume de Dieu, c’est-à-dire un jardin ou chaque arbre donne du fruit « selon son espèce ». Ainsi, comme la pluie descend sur la terre et permet aux pommiers, aux framboisiers ou à mon basilic de porter un fruit différencié, l’Esprit Saint vient en moi comme « l’ondée sur la verdure » pour féconder ma vie et me permettre de porter du fruit. Que ce fruit soit plus matériel ou mesurable, ou que ce fruit soit plus spirituel est tout à fait second. Pour Dieu, l’important est que je sois déployé(e), là où je suis, même si je suis dans l’insatisfaction ou la frustration. Ce déploiement de la foi, de l’espérance et de la charité est ma vocation : appel et promesse.

Accueillir l'appel ?

Quelle est donc cette meilleure part évoquée par Jésus dans l’évangile (Lc 10,41), sinon cette promesse de Dieu sur notre vie ? Loin de nous éparpiller à chercher quoi faire (religieux, bonne sœur, femme au foyer ou ingénieur des ponts et chaussées), le Christ nous appelle à l’accueillir dans notre existence quotidienne. 

Abraham leva les yeux, et il vit trois hommes qui se tenaient debout près de lui.
Dès qu’il les vit, il courut à leur rencontre depuis l’entrée de la tente et se prosterna jusqu’à terre. Il dit :
« Mon seigneur, si j’ai pu trouver grâce à tes yeux,
ne passe pas sans t’arrêter près de ton serviteur.
Permettez que l’on vous apporte un peu d’eau,
vous vous laverez les pieds,
et vous vous étendrez sous cet arbre.
Je vais chercher de quoi manger,
et vous reprendrez des forces avant d’aller plus loin,
puisque vous êtes passés près de votre serviteur ! »

Accueillir l’appel peut commencer pour nous par accueillir l’appelant, c’est-à-dire Dieu lui-même. Il s’approche de nous comme ces visiteurs, respectueux de notre vie, de notre rythme – il nous a créé ! Pour entrer dans cette relation qui est la meilleure part possible à un être humain, nous pouvons nous aussi nous approcher de lui, lui proposer d’entrer dans notre vie et prendre soin de lui, dans la prière ou dans nos frères.

Deviens ce que tu es !

Cette expression d'un poète grec du Ve siècle avant Jésus-Christ est une belle manière de dire notre vocation. 

Dans la formule du baptême, notre prénom est proclamé au côté de la Trinité. Point ici de trace d’état de vie, de réussite professionnelle ou même de fécondité apostolique. Il ne s’agit que de Lui et de moi : de son appel et de sa promesse. Comme pour Abraham, Dieu s’engage avec moi et pour moi, m’invitant simplement à devenir moi-même, à déployer tout ce qu’il a déposé en moi.

(…) l’homme [la personne humaine], seule créature sur terre que Dieu a voulue pour elle-même, ne peut pleinement se trouver que par le don désintéressé de lui-même (GS 24)

Le Concile Vatican II l’affirme avec force : nous sommes créés pour nous mêmes. Il ne faut pas oublier la deuxième partie de la phrase, mais ne passons pas trop vite sur la première. Si, comme le dit le pape François, « je suis une mission » (Christus vivit 254), cette mission se fonde dans un appel primordial à vivre. (Ez 16, 6)

Quelques ressources pour approfondir 

L'accompagnement spirituel

Faire le point sur ma vie pro

Le service diocésain des vocations